Auteur/autrice : Fabien Barret

Quelle est la meilleure façon de découvrir une ville, et en particulier Ljubljana ? Tout le monde, ou presque, s’accorde pour la réponse : comme si vous étiez un local.  Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la ville des dragons comme un véritable Ljubljanais. Parfait pour une belle journée d’été ensoleillée.

Découvrez ces lieux typiques avec moi !

 

Le parc Tivoli

Plongeons tout de suite dans le vif du sujet avec un incontournable. Le parc Tivoli  est LE parc où tous les Ljubljanais se retrouvent durant la saison estivale. Le plus grand parc de Ljubljana (5km² tout de même !) est le lieu idéal pour prendre un bain de soleil au beau milieu d’une chaude journée estivale ou pour une promenade. En effet, après quelques minutes de marche, on quitte les espaces aménagés pour se retrouver au beau milieu d’une forêt, elle-même au beau milieu de Ljubljana. Très dépaysant, je vous assure ! Mais profitez du parc pour aller faire un tour du côté de la pittoresque promenade Jakopič, très connue pour ses expositions photographiques en plein air. Allez aussi admirer la statue d’Edvard Kocbek, poète, écrivain et homme politique slovène (1904-1981). Sculptée par Boštjan Drinovec, elle représente le poète assis sur un banc et regardant son double en modèle réduit assis sur l’accoudoir.

Le saviez-vous ? Ce parc date de 1813 et a été conçu selon les plans de l’ingénieur français Jean Blanchard.

 

L’Open Kitchen 

De mi-mars à octobre, rendez-vous au Central Market, en plein cœur de Ljubljana ! Vous aurez l’occasion de profiter des nombreux stands de nourriture. Au programme, des plats typiques de Slovénie, mais aussi les meilleurs hamburgers de la ville, de la cuisine chinoise, thaï, des Balkans ou encore du Proche-Orient… Le plus dur sera de vous décider !

 

Metelkova 

Je vous présente ici le quartier le plus atypique de Ljubljana. Sept bâtiments, sur une surface totale de 12 500m², en font le quartier le plus coloré et dynamique de la ville. Un véritable lieu d’expression. S’il fallait résumer ce quartier en quelques mots, je dirais : un bric-à-brac artistique.

Pour l’histoire, ce lieu fut d’abord le quartier général de l’armée austro-hongroise en 1911, avant d’être successivement récupéré par un groupe fasciste italien, puis par les nazis.  A partir de 1945, Metelkova est placé sous le contrôle de l’Armée Nationale Yougoslave jusqu’en 1991. Le quartier est délaissé suite à la guerre d’indépendance de la Slovénie .  Après l’ordre de destruction des bâtiments en 1993, quelques 200 activistes vont occuper les lieux dans la nuit du 10 au 11 septembre de la même année. Depuis 1995, Metelkova est reconnu comme un quartier autonome de Ljubljana.

Si ce quartier n’est vivant que pendant la nuit grâce aux nombreux bars et discothèques, il est toutefois intéressant d’aller y faire un tour dans la journée (ensoleillée si possible, les couleurs n’en seront que plus belles !) afin de profiter des détails des façades.

Adresse : 1000, Metelkova ulica 10, 1000 Ljubljana

Le café Nebotičnik 

En soi, ce café/restaurant n’a rien de particulier. Mais, situé au douzième étage, il vous propose une vue à 360° de Ljubljana. La plus belle vue de la ville selon moi.  Cela ne vaut peut-être pas le coup d’y manger car les prix y sont un peu élevés.  Allez simplement boire une bière Lasko (5€) au coucher du soleil et profitez d’une vue magnifique sur le château, les principaux monuments de la ville et le parc Tivoli.

Le saviez-vous ? Nebotičnik fut le premier gratte-ciel de Ljubljana, construit de 1930 à 1933. Il abritait à l’époque l’Office des Pensions.

Adresse : Štefanova 1, 1000 Ljubljana

Zoo 

Non non, je ne vous parle pas du zoo de Ljubljana mais bien d’un bar. Si vous voulez une ambiance chaleureuse et ne pas vous retrouver dans un bar à touristes, c’est le lieu où aller. Très régulièrement, vous pouvez y assister au concert gratuit d’un ou de plusieurs artistes. Je vous le promets, pas de risque de s’ennuyer. J’y suis allé un mercredi en juillet 2016 et j’ai pu profiter d’un magnifique concert des Wild Strings Trio. Ce groupe est composé par Peter Onderufová (Slovaquie) au violon, Alexander Kuzmic (Slovénie) à la guitare et Toby Kuhn (France) au violoncelle.  Je vous laisse ci-dessus avec un aperçu de leur performance.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur ce bar ici.
Adresse : Tržaška cesta 2, 1000 Ljubljana

A 60km à l’ouest de Ljubljana se trouve Idrija, principalement connue pour ses gisements de mercure. Sa mine est la deuxième plus grande du monde, juste après la mine d’Almadén en Espagne.
Pour la petite histoire, la ville fit partie de l’Empire d’Autriche-Hongrie de 1783 à 1918. Après la Première Guerre mondiale, elle fut annexée à l’Italie. Elle passa sous la domination de la République socialiste de Slovénie seulement en 1947. (Pour connaître l’histoire de la Slovénie en détail, cliquez ici)

La mine de mercure d’Idrija

On raconte qu’en 1497, un fabricant de seaux trouva du mercure dans les environs d’Idrija. L’excavation du métal commença quelques années plus tard. Ce n’est qu’en 1580 que la mine passe aux mains du gouvernement.
Le gisement date de 230 millions d’années.  C’est l’un des seuls endroits au monde où l’on peut trouver du mercure sous sa forme liquide comme sous sa forme de cinabre (appelé le sulfure de mercure, son apparence ressemble à un rubis brut). C’est pourquoi il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012.

Si la mine est fermée depuis les années 1980, il est encore possible de visiter les niveaux supérieurs en passant par le puits d’entrée, appelé « puits d’Antoine ». (Antonijev rov en slovène). —– lien mercure

Rendez-vous sur le site officiel pour connaître les horaires et les tarifs.

Que visiter d’autre à Idrija ?

Si vous venez à Idrija pour la journée, n’hésitez pas à coupler la visite de la mine avec d’autres points d’intérêt de la ville :

Le musée de la guerre

Avec une collection d’objets datant de 1900 à 1999 et traitant des deux Guerres Mondiales, ce petit musée a tout d’un grand. Le propriétaire, M. Slavko Moravec, a servi dans l’armée yougoslave dans la 5ème brigade prolétarienne. Le musée contient des pièces exceptionnelles et extrêmement rares, comme un autographe d’Hitler ou encore l’un des deux derniers uniformes de major général de la garde présidentielle de Tito. Le second uniforme se trouve au musée de la guerre de Belgrade.

Le musée municipal

Situé dans le château Gewerkenegg, il regorge d’informations sur le patrimoine minier, mais aussi sur la dentelle, autre spécialité d’Idrija ! Avec leurs motifs et leurs particularités, les dentelles d’Idrija sont un chef-d’œuvre réalisé au fuseau par des mains habiles. En 2000, la dentelle d’Idrija obtint une reconnaissance mondiale et la protection du lieu d’origine.

Si votre visite tombe dans la dernière semaine d’août, profitez du festival annuel de la dentelle. Avec des concerts, ateliers et démonstrations, vous aurez l’occasion de voir cet art de plus près.

Le saviez-vous ? La maîtresse Ivanka Ferjanèiè fonda en 1876 l’école de dentellerie à Idrija. En 1988, l’institut reçut le titre de Atelier de maître. Aujourd’hui encore actif, mais facultatif, il compte environ 500 élèves. —— lien dentelle

Divje jezero

Littéralement appelé le « lac sauvage » et source de la rivière Jezernica, il est relié au sous-sol par effets karstiques. L’eau qui remplit le lac provient en grande partie des profondeurs : des plongeurs ont pu descendre à plus de 164 mètres. Ce trou béant explique donc le niveau de l’eau très changeant, qui peut inonder les alentours. Le lac est protégé depuis 1967, notamment grâce à la présence sur le site du proteus anguinus, petit animal qu’on trouve aussi dans les grottes de Postojna.

Retrouvez le site de la ville (en anglais) ici.

 

La Slovénie compte plus de 8000 grottes, dont une soixantaine sont ouverte au public. Les plus connues sont celle de Postojna et de Škocjan. Via cet article, je vais vous présenter ces deux dernières.

 

Postojna Jama ou le parc d’attraction slovène

Principale attraction touristique de la Slovénie, cette grotte (jama en slovène) a déjà attiré plus de 30 millions de visiteurs. Elle sont les plus visitées d’Europe et on comprend pourquoi : avec plus de 20km de cavernes et de galeries, c’est une véritable merveille du monde souterrain.

Mais avec une distance aussi grande, impossible de tout visiter à pied. Depuis 185 ans, date de la mise en tourisme, la majeure partie de la visite se fait via un train électrique. Des guides (5 langues différentes) accompagnent donc les touristes via cette « randonnée » d’1h30 où s’enchainent les galeries illuminées.

 

Le saviez-vous ? Cette grotte est remplie de dragons. Ou du moins, d’un animal qui y ressemble : un protée anguillard. Sorte de salamandre, cet animal ne vit que dans les grottes et se reproduit que tous les 15 ans environ. Evénement exceptionnel donc, l’un d’entre eux vient de naitre à Postojna, et sera bientôt suivi d’une vingtaine de naissances. Vous pourrez apercevoir ces petites créatures dans un vivarium à la fin de la visite de la grotte. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Par contre, principale attraction touristique oblige, les prix sont assez cher. Comptez 24€ en plein tarif pour la visite de la cave seule, 32€ pour la grotte, l’exposition et le vivarium. Il vous faudra débourser 44€ si vous souhaitez y rajouter la visite du château de Predjama, situé à une dizaine de kilomètre, dont la particularité est d’être encastré dans une falaise. Retrouvez tous les prix sur le site officiel.

 

Skocjanske jame, slovénie UNESCO
Skocjanske jame, slovénie

Škocjanske Jama, le joyau à l’UNESCO

Située dans le karst de Škocjan, au sud-est du karst classique, cet ensemble de grottes a été creusée par la rivière Reka, qui se perd sous une paroi rocheuse sur laquelle se situe le village du même nom. Déjà connue et visitée au mésolithique (il y a plus de 5 000 ans), les premières sources écrites sur les grottes datent de l’Antiquité par Posidonius d’Apamée  (135 – 50 av. JC). Par la suite, les grottes apparaissent sur de vieilles cartes imprimées et même dans des peintures : le peintre français F. Cassas (1782) reçu plusieurs commandes, ce qui montre que les grottes étaient considérées comme la plus remarquable curiosité de la région.

Il est assez difficile de déterminer de début du « vrai tourisme » mais il peut se situer autour de l’année 1819, date à laquelle un escalier menant jusqu’au fond de la Velika Dolina est construit. La même année, un livre des visiteurs est mis à disposition. Puis, pendant près d’un siècle, il n’y a eu aucune découverte spéléologique importante. Jusqu’en septembre 1991 où deux spéléologues découvrirent de nouveaux conduits et lacs.

Avec plus de 6km de galeries et une profondeur de 223m, des experts internationaux s’accordent à dire que ces grottes constituent l’un des trésors de la terre. C’est donc tout naturellement qu’en 1986, les grottes sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Le saviez-vous ? Ces grottes sont l’habitat classique de la campanule,  plante vivace aux fleurs violettes, mais aussi de trois espèces de chauve-souris différentes dont la chauve-souris fer à cheval.

La visite de ses grottes commence dans une doline appelée Globočak, où un couloir artificiel creusé en 1933 mène dans une grotte naturelle. Le sentier descend ensuite vers le sud-est, passant par la salle d’effondrement (Podorna dvorana), et continue à travers le labyrinthe (Labirint). Enfin, le conduit s’élargit pour devenir la Grande salle (Velika Dvorana), qui contient des énormes stalagmites  de 15 mètres. A la sortie de la salle, les visiteurs découvrent l’imposant canyon souterrain de Reka. Ils enchainent par le pont de Cerkvenikov et passent dans les salles de Müller et de Svetina pour rejoindre le point le plus bas du sentier touristique, à 150m sous terre. Enfin, ils montent dans la salle des cuvettes (Dvorana ponvic), tirant son nom des concrétions en forme de bols formées sur une pente, et revoient la lumière du jour dans la Schmidlova, qui s’ouvre sur les cascades dans la Velika Dolina.

Moins touristiques que celles de Postojna, ses prix sont aussi plus abordables. Comptez de 16 à 21€ en tarif plein selon l’offre choisie. Plus d’informations sur le site officiel.

 

Mais pas que ..

Enfin, si vous souhaitez vous aventurer hors des sentiers battus, dirigez vous vers les grottes de Križna et Divaška. Très peu connues des touristes, vous ne pouvez les visiter que par petits groupes accompagnés d’un guide. Pas d’éclairages (juste une lampe frontale prêtée) ni de de petit train électrique . Vous découvrirez ces grottes « au naturel ».

Si vous souhaitez en savoir plus sur les grottes en Slovénie, je vous invite à regarder ce reportage diffusé sur Arte.

Attendez, le carnaval de quoi ?!

Ptuj (prononcez Ptouille), est une ville située dans le nord-est de la Slovénie, à 30km de Maribor. Mis à part son nom difficilement prononçable par les étrangers, elle est tout particulièrement connue pour son carnaval international, le plus grand du pays : « Kurentovanje ».

 

Qu’est ce que le Kurentovanje ?

Chaque année depuis plus de cinquante ans, le carnaval commence à minuit le jour de la Chandeleur et dure onze jours.
Il débute avec le premier saut du Kurent qui, selon la croyance slovène, serait le démon chassant l’hiver. Habillés de peaux de moutons et affublés de cloches, leurs incarnations humaines doivent danser autour du feu. On dit aussi que le démon apporte fertilité aux jeunes femmes qui accrochent des mouchoirs au costume du Kurent.

Mais ne vous y méprenez pas, les kurents ne sont pas de gentils démons ! La partie la plus reconnaissable de leur costume est le masque, qui diffère selon les régions. Certains masques ont les oreilles faites de plumes et portent des cornes en paille ornées de fleurs et de rubans. D’autres vont arborer de véritables cornes de vache et des oreilles en cuir. La langue, très longue, est faite en tissu ou en cuir. Les kurents arborent aussi une veste en peau de mouton, une chaîne à cinq cloches, des chaussettes tricotées insérées dans des bottes et une gourde de peau de hérisson.

Ce carnaval est un événement à ne pas manquer si vous êtes de passage en Slovénie. Mais ce n’est pas le seul intérêt de Ptuj.

Vue de Ptuj depuis le chateau
Vue de Ptuj depuis le chateau

Ptuj, visite guidée

Commencez par la visite du château. Construit sur un promontoire rocheux par les évêques de Salzbourg vers le Xème siècle, il devient ensuite la propriété des seigneurs de Ptuj. Transformé au cours des siècles, il acquiert plusieurs arcades d’inspiration toscane, et le portail de l’entrée est surmonté des armoiries des Leslie, famille écossaise. Le château abrite un musée régional présentant des collections thématiques : instruments de musique, exposition ethnographique, tapisseries flamandes, une collection d’horloges ainsi qu’une galerie de portraits pour le moins originaux, où les monarques européens sont peints sous l’apparence de monarques turcs.

Continuez ensuite par une visite de la ville. Baladez-vous dans le centre historique baroque et admirez les fresques et les sculptures de l’église de la Vierge Marie de Ptujska Gora, ainsi que le couvent des frères mineurs, fondé en 1239.

Franchissez l’un des ponts de Ptuj ou encore arrêtez-vous dans la cave de Ptuj et goutez à la tradition de la viticulture.
A savoir : si vous programmez votre visite en août, sachez que s’y tient un festival lyrique appelé Dnevi poezije in vina (« les journées de la poésie et du vin »). De nombreuses activités sont proposées : concerts, projections de films, théâtre de rue… Vous aurez aussi l’occasion de déguster un des bons vins slovènes, qu’on trouve très difficilement en France.

Le saviez-vous ? La ville de Ptuj, la plus ancienne de Slovénie, tire son nom de l’empereur Traian, qui la nomma « Colonia Ulpia Traiana Poetovio », plus communément raccourci en Poetovio, en l’an 103. Petit à petit, la ville passe ensuite sous l’influence germanique et est appelée Pettau. Elle prendra son nom actuel entre les deux Guerres Mondiales, après avoir été délaissée par la population allemande. Depuis 1945, la ville est presque entièrement peuplée par des Slovènes.

Si vous souhaitez plus d’informations, je vous invite à aller sur le site de la ville. (traduit uniquement en allemand et en anglais).