Le Triglav est le symbole de la Slovénie. On le retrouve même sur le drapeau.
On entend souvent dire que l’on est Slovène seulement si l’on a gravi le sommet du Triglav, le plus haut de la Slovénie, qui culmine à 2864 m.
Intrigué par cette coutume, j’ai voulu en savoir plus. Je suis donc monté au sommet et j’ai fait quelques recherches, que je vous livre ici.

Sommaire du Triglav 

 

Toponymie

sommet, coucher de soleil ,

C’est en 1543 que l’on nomme pour la première fois le sommet du Triglav. Son nom italien est : monte Tricorno et en allemand Dreikopf, traduction littérale du nom du sommet.
Comme dans les autres langues, « Triglav » signifie « trois têtes » en slovène. Trois têtes, car c’est ainsi que l’on peut l’identifier lorsque l’on prend la route de Ljubljana à Bled depuis le massif de Vogel, ou depuis la petite route de Trzic à Bled en passant par Begunje, que l’on nomme également le balcon du Triglav.

La face nord du Triglav est la troisième la plus large d’Europe. Lors de sa traversée des Alpes par les 4000, Patrick Berhault avait commencé par cette face nord le 27 aout 2000.
Le Triglav, c’est donc le nom d’un sommet, mais aussi d’un massif et du seul et unique parc national du pays. Chaque vallée de la région est surmontée d’au moins 500 a 1000 m de paroi calcaire. Les meilleurs grimpeurs de Slovénie, réputés pour leurs  ascensions en Himalaya (Tomaz Humar) et dans d’autres massifs du même genre, ont fait leurs preuves sur les parois de sommets tels que Spik, Debela Pec, Rakova Spica, Travnik .

 

Les premiers hommes au sommet

C’est en 1777 que Balthasar Hacquet (1739-1815), né en France dans le Finistère, arrive en Slovénie avec l’armée de Napoléon. Il était passionné  de botanique et de minéralogie. C’est l’un des premiers explorateurs des Alpes Juliennes et il est le premier à avoir tenté de gravir le sommet du Triglav, en 1777.
Mais c’est en 1778 que quatre hommes du pays parviennent au sommet, poussés par le Baron Žige Zoisa : Luki Korošcu, Matevžu Kosu, Štefanu Rožiču (un chasseur) et Lovrencu Willomitzerju, de Stara Fuzina.
Ce n’est que 100 ans plus tard, en 1870, qu’une femme parvient au sommet. Elle s’appelle Rozalija Škantar, de Srednja vas. Elle était gardienne du refuge de Vodnikov dom et son père était un guide reconnu.

Au sommet du Triglav se trouve la « tour d’Aljaž ». C’est un « refuge » ou  bivouac  de forme cylindrique qui permet  aux alpinistes de s’abriter en cas de tempête. A l’intérieur, un dessin représente tous les sommets que l’on peut voir depuis ce poste d’observation.

On doit ce dessin au prêtre Jakob Aljaž en 1895. Originaire de Dvoje, près de Kranjska Gora, il avait acheté le sommet pour la somme de cinq florins austro-hongrois afin de protéger la montagne et de revendiquer l’existence d’une nation slovène.
Le « bivouac » en  métal a été construit par Anton Belec. Cinq ans plus tard, il est officiellement désigné « monument culturel et historique », puis offert par Aljaž à la Société slovène d’alpinisme. En 1922, il est restauré par Alojz Knafelc, qui eut l’idée d’y ajouter un pavillon. Lors de la proclamation de l’indépendance, en juin 1991, le drapeau slovène est hissé à la tour. Le 5 octobre 1999, elle est proclamée site d’importance culturelle nationale pour la Slovénie.

sommet, coucher de soleil ,

Il y a quelques années encore, en septembre, se déroulait un événement particulier, appelé « les 100 femmes au Triglav ».
Les femmes du pays souhaitant gravir le sommet étaient encadrées par les guides de la région pour effectuer l’ascension du Triglav.
Le concept fut élargi à d’autres catégories de la population : les facteurs au Triglav, les enfants… Quelqu’un est même monté et descendu avec un monocycle.

Près de Mojstrana, un homme détient le record du nombre d’ascensions du sommet en une année : plus de 200 fois ! Et trois fois dans la même journée…

Il est vrai que c’est un beau sommet, mais je ne vous cache pas qu’il faut se lever tôt et éviter les week-ends car il y a du monde…

J’allais oublier le « buffet du Triglav ». Au sommet, il est possible d’acheter une bière, une Radler, un Coca ou encore un Fanta. Les boissons sont montées tous les jours, par beau temps, par un gars du refuge de Kredarica. Il se fait ses 500 m de dénivelé en douceur et vous propose une boisson pour la somme de 5 €. Un soir où je m’attardais pour le coucher de soleil, j’ai discuté un peu avec lui pendant qu’il rangeait ses boissons. Il les cache un peu partout dans les petites cavités du sommet. Avant, à l’époque du Polaroide, il vendait des photos souvenir, mais c’était avant. Je ne lui ai pas demandé sa licence de débit de boisson.

Les refuges proches du sommet du Triglav

Les deux refuges les plus proches du sommet sont le refuge de Kredarica et de dom Planika. Attention, la saison est assez courte, les refuges sont ouverts environ du 15 juin au 15 septembre. C’est bien dommage car depuis quelques années, les automnes sont très beaux. Le refuge de Kredarica est le plus important, avec une capacité d’accueil de plus de 200 personnes. Il y a une église à l’extérieur, une drop zone pour les ravitaillements en hélicoptère et un centre météorologique. Si vous décidez d’y aller l’hiver, vous y trouverez du monde et à manger, mais prévoyez un bon duvet.

La difficulté du sommet

Les meilleurs d’entre vous pourront le faire l’ascension du Triglav dans la journée, en aller/retour. Je l’ai déjà fait, c’est jouable si les conditions sont bonnes. Départ à 5h00 du matin et retour à 20h00. Sinon, l’ascension s’effectue généralement sur 2 jours, avec une nuit en refuge. Attention au choix de l’itinéraire, de la date et du refuge. Si vous voulez profiter du massif, la meilleure solution consiste à y passer 3 jours et 2 nuits, avec un passage dans la vallées des lacs.
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